Féminicides : un bilan alarmant et une proposition de loi globale

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Le fait
À l’occasion du 25 novembre 2025, plusieurs rapports et collectifs évoquent environ 138 féminicides conjugaux depuis le début de l’année en France. Le 24 novembre, une députée socialiste dépose, avec le soutien de plus de 100 parlementaires et d’une soixantaine d’associations, une proposition de loi globale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Contexte
Les chiffres mis en avant sont vertigineux : plus de 1 283 féminicides ou tentatives sur les dernières années selon la MIPROF, 277 000 femmes majeures déclarant des violences sexuelles en 2023, et 94 % des plaintes pour viol classées sans suite d’après certaines analyses associatives. La proposition de loi comporte 78 articles touchant à la justice, à la police, à l’éducation, à la santé, au travail et au numérique (unités spécialisées, formations obligatoires, renforcement des ordonnances de protection, etc.). Elle s’appuie sur un travail de co‑construction avec des associations féministes, sans participation de l’extrême droite.
Enjeux & débats
Vous pouvez d’abord poser la question de la qualification : parle‑t‑on d’un « problème de faits divers » ou d’un phénomène structurel qui interroge l’organisation même de la société ? Les chiffres sur les féminicides et le classement sans suite des plaintes vous invitent à considérer ces violences comme un problème systémique, pas comme une série de drames isolés. Sous l’angle juridique, la proposition de loi cherche à combler des « angles morts » : insuffisance des ordonnances de protection, manque de spécialisation des magistrats, difficultés à reconnaître les violences psychologiques ou le contrôle coercitif. Vous pouvez inviter les étudiants à réfléchir à ce que signifie « rendre la loi effective » : produire de nouveaux textes ou faire appliquer ceux qui existent déjà ? Enfin, il y a un enjeu politique : dans un contexte de contraintes budgétaires, l’adoption d’un plan global contre les violences suppose des moyens. Comment convaincre que cette dépense est un investissement social, économique et démocratique ? Les concours peuvent vous amener à discuter de la manière dont une société mesure ses priorités (nombre de places en hébergement d’urgence, financement des associations, moyens de la justice).
Données clés
- 1Environ 138 féminicides conjugaux recensés en 2025 (estimation associative)
- 21 283 féminicides ou tentatives sur plusieurs années selon la MIPROF
- 3277 000 femmes majeures déclarant des violences sexuelles en 2023
- 494 % des plaintes pour viol classées sans suite selon certaines analyses
- 5Proposition de loi de 78 articles déposée le 24 novembre 2025
Angle concours
Cette actualité est un exemple fort pour aborder la notion de droits fondamentaux et de protection des personnes vulnérables. Vous pouvez l’utiliser dans un devoir sur l’État de droit, la justice pénale ou l’égalité réelle entre les sexes. À l’oral, mentionner la dimension co‑construite de la proposition de loi montre que vous comprenez le rôle des associations dans l’élaboration des politiques publiques.
Question d'oral possible
"Pourquoi parle‑t‑on de « phénomène systémique » à propos des violences faites aux femmes ?"
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