Aurlom
    Retour au numéro de septembre 2025
    Société & enjeux de société
    4 septembre 2025

    Le Népal annonce le blocage de plusieurs réseaux sociaux non enregistrés

    Publié le 9 décembre 2025

    Écouter l'article

    Version audio

    Le fait

    Le 4 septembre 2025, le gouvernement népalais annonce qu’il va bloquer l’accès à plusieurs grandes plateformes de réseaux sociaux, dont Facebook, Instagram, WhatsApp, YouTube, X (ancien Twitter) et Snapchat, parce qu’elles n’ont pas respecté l’obligation de s’enregistrer auprès des autorités et de désigner un représentant local. Le ministère des Communications explique que ces mesures visent à lutter contre les contenus illégaux, la désinformation et les discours de haine. Les plateformes pourront être rétablies si elles se conforment aux nouvelles règles.

    Contexte

    Plus de 90 % de la population népalaise est connectée à Internet et les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la vie politique, culturelle et économique du pays. Le gouvernement invoque des préoccupations de sécurité et de lutte contre la corruption, mais de nombreux opposants et ONG dénoncent une atteinte grave à la liberté d’expression. Des manifestations, menées en grande partie par de jeunes Népalais, parfois qualifiés de « Génération Z », ont lieu à Katmandou et dans plusieurs villes. Certaines dégénèrent en affrontements violents avec la police, faisant des blessés et au moins un mort.

    Enjeux & débats

    D’un point de vue démocratique, cette décision vous amène à vous interroger sur l’équilibre entre régulation nécessaire et censure. Tous les États cherchent aujourd’hui à encadrer les contenus en ligne pour lutter contre la désinformation ou les discours de haine, mais où se situe la limite au-delà de laquelle on bascule dans la restriction des libertés fondamentales ? Quand un gouvernement bloque d’un coup des plateformes utilisées quotidiennement par des millions de personnes, vous pouvez vous demander : s’agit-il d’un instrument de sécurité ou d’un moyen de réduire au silence les oppositions et les critiques ? Sous l’angle sociologique, l’épisode met en lumière un conflit de génération. Les jeunes Népalais, très présents sur les réseaux, utilisent ces outils pour dénoncer la corruption, s’organiser politiquement ou faire entendre des revendications sociales. Le fait que la contestation du blocage soit portée par cette « Génération Z » montre que le numérique est devenu un espace central de socialisation et de politisation. Vous pouvez réfléchir à ce que cela signifie : quand on coupe les réseaux, c’est aussi une partie de l’espace public qui disparaît. Comment un État peut-il dialoguer avec une jeunesse qui s’exprime essentiellement en ligne ? Enfin, il y a un enjeu juridique et économique : demander aux plateformes étrangères de s’enregistrer localement et de nommer un représentant n’est pas en soi illégitime, et plusieurs pays ont adopté des exigences similaires. Mais vous pouvez vous demander si ces obligations sont réellement proportionnées et appliquées de façon transparente, ou si elles sont plutôt utilisées comme levier de pression sur les entreprises pour les pousser à supprimer certains contenus. Pour un pays en développement comme le Népal, la fermeture prolongée de ces services peut aussi avoir un coût économique important pour les petites entreprises, les créateurs de contenus ou le tourisme.

    Données clés

    • 14 septembre 2025 : annonce officielle du blocage de plusieurs grandes plateformes de réseaux sociaux au Népal.
    • 2Plateformes concernées : Facebook, Instagram, WhatsApp, YouTube, X, Snapchat, et d’autres services jugés non conformes.
    • 3Motif invoqué : absence d’enregistrement officiel et de représentant local, lutte contre la désinformation et les contenus illégaux.
    • 4Taux de connexion : plus de 90 % de la population népalaise utilise Internet et les réseaux sociaux.
    • 5Réaction : manifestations de jeunes, parfois violentes, avec au moins un mort et plusieurs blessés lors des affrontements avec la police.

    Angle concours

    Cette actualité est intéressante pour aborder le thème de la régulation du numérique et des libertés publiques. Dans une copie, vous pouvez la mobiliser pour illustrer les tensions entre sécurité, lutte contre la désinformation et protection de la liberté d’expression. Elle permet aussi de discuter du rôle des réseaux sociaux dans la politisation des jeunes et dans les mouvements de protestation. À l’oral, vous pouvez l’utiliser pour montrer que la question des plateformes n’est pas seulement technique ou commerciale, mais qu’elle touche au cœur du contrat démocratique.

    Question d'oral possible

    "Jusqu’où un État peut-il aller pour réguler les réseaux sociaux sans basculer dans la censure ?"

    Autres articles Société & enjeux de société

    Voir tous les articles

    Explorer les autres rubriques